mardi, mai 21, 2019
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Après l’attentat de Christchurch, la rédaction Binour PRESS, fait le point sur la communauté musulmane en Nouvelle-Zélande. S’ils ne constituent qu’1 % de la population, les musulmans sont la minorité en plus forte croissance de ce pays du Pacifique Sud.

L’islam en Nouvelle-Zélande a commencé avec l’arrivée de musulmans chinois pour la ruée vers l’or dans les années 1870. Un petit nombre d’immigrés musulmans en provenance de l’Inde et l’Europe de l’Est se sont installés entre le début des années 1900 jusqu’aux années 1960. À grande échelle l’immigration musulmane a commencé dans les années 1990 avec l’arrivée d’immigrants et de réfugiés en provenance de divers pays déchirés par la guerre.

Les familles des 50 victimes assassinées, vendredi 15 mars à l’heure de la grande prière, dans deux mosquées de Christchurch attendent avec impatience de pouvoir récupérer les corps de leurs proches. La coutume musulmane prévoit en effet leur inhumation rapide, en pleine terre. Certains des défunts, qui seraient âgés de 3 à 77 ans selon une liste encore incomplète, pourraient être enterrés sur place, alors que d’autres seront peut-être rapatriés dans leur pays d’origine.

En effet, parmi les 40 000 à 50 000 musulmans que compte la Nouvelle-Zélande, représentant 1 % de la population totale, les trois quarts (77 %) sont nés à l’étranger : les plus nombreux sont indiens (29 %) et issus de pays du Moyen-Orient comme l’Irak et l’Iran (21 %). Autre trait caractéristique : cette petite communauté connaît aussi une forte croissance depuis quelques années (+ 28 % entre 2006 et 2013).

Les musulmans ont plus de difficultés à trouver un emploi

Les rares recherches menées sur le sujet font état d’une cohabitation paisible avec les autres communautés, dans une île qui valorise volontiers la diversité ethnique, culturelle et religieuse. Contacté par La Croix, Abdullah Drury, Néo-Zélandais converti à l’islam et auteur de plusieurs ouvrages sur la communauté musulmane dans son pays, estime que « la communauté est certes en croissance, mais qu’elle est aussi très fluctuante : il y a un turn-over important dans cette partie de la population. Certains migrants et réfugiés arrivent d’autres repartent. Certaines personnes deviennent musulmanes, d’autres se détournent de l’islam. Je suis moi-même issu d’une famille britannique et irlandaise, mais ma femme est d’ethnie indienne ».

Si les jeunes issus de la communauté musulmane « s’adaptent bien à la vie en Nouvelle-Zélande », mieux même que les jeunes d’origine maorie ou européenne, selon des études réalisées par le centre de recherches interculturelles de l’Université Victoria de Wellington, une certaine évolution s’est faite jour depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Les immigrés musulmans sont vus « moins favorablement » que d’autres communautés par les Néo-Zélandais, selon ce centre de recherche. Par exemple, les immigrés venant de pays musulmans comme le Pakistan ou l’Indonésie affrontent des attitudes plus « négatives » que ceux venant de Chine ou des Philippines. Et même s’ils sont souvent plus qualifiés que d’autres communautés, les musulmans ont plus de difficultés à trouver un emploi.

Tensions entre communautés très résiduelles

« Après les attentats du 11 septembre et pendant la guerre contre le terrorisme, les communautés musulmanes sont passées d’incomprises à craintes », écrit Faisal Halabi dans un article publié par le site Internet The Spinoff, intitulé « Ce que signifie être un Néo-Zélandais musulman en 2019 ». « Des stéréotypes nous ont été accolés à l’exact opposé des valeurs fondamentales que nous pratiquons. Les communautés musulmanes ont en conséquence – et à des degrés divers – développé une peau plus épaisse et une légère méfiance vis-à-vis d’une ingérence dans leur vie. L’assimilation a souffert. L’extrémisme islamique a fait son entrée dans l’islam majoritaire. »

Pour Abdullah Drury, les tensions entre communautés restent toutefois très résiduelles dans cet archipel du Pacifique Sud.« Je ne crois pas que cette terrible tragédie change quelque chose dans les relations harmonieuses dans notre pays », avance-t-il. La Nouvelle-Zélande est fermement déterminée à poursuivre dans le chemin actuel, celui de la bonne volonté ».

La première organisation musulmane, l’Association des musulmans de Nouvelle-Zélande, a été enregistrée en 1950. Le premier centre islamique a été créé en 1959 dans la ville d’Auckland. Le premier a été construit sur la mosquée de 1979 à 1980.

La communauté musulmane s’est structurée à l’échelle nationale dans la Fédération des associations islamiques de Nouvelle-Zélande, a été enregistrée en 1979. Son premier président élu fut Mazhar Krasniqi, un Albanais originaire du Kosovo. En 2002, le gouvernement néo-zélandais a décoré Krasniqi d’une médaille de service Queens.

Site d'information et de culture des musulmans francophones.

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